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30 jours à parler à la caméra : la version gratuite

Un défi gratuit de 30 jours face caméra pour ceux qui enseignent : quatre règles, trente consignes quotidiennes, et au jour 31, ton premier cours en direct.

Par Adin Ashby

La version courte : trente jours, une prise par jour, soixante secondes minimum, pas de script. Semaine un, tu parles de toi ; semaine deux, tu enseignes une petite chose par jour ; semaine trois, tu racontes des histoires et tu prends position ; semaine quatre, tu répètes les gestes d'un cours en direct. Les consignes sont toutes plus bas. C'est gratuit, et le jour 31, c'est une date dans ton calendrier.

Les gens paient 297 $ pour le Yap Challenge cette année, et honnêtement, la confiance devant la caméra que ça entraîne vaut plus que ça. Mais le format est plus vieux que le nom de marque, et la pratique elle-même ne coûte rien. Un téléphone, un mois, et une tolérance à ton propre visage.

C'est la version que je donnerais à un ami qui enseigne. J'ai un parti pris sur l'objectif des répétitions : je ne pense pas que la ligne d'arrivée, ce soit devenir une machine à contenu. Je pense que c'est être capable d'expliquer quelque chose à de vraies personnes en temps réel, sans script entre vous. C'est pour ça que ces consignes dérivent, exprès, de « parle de toi » vers « donne le cours ».

Pour que tu saches où je me situe sur le fini léché : je laisse mes « euh » dans mes reels exprès. Les « euh », c'est le style. Personne n'a jamais bâti la confiance en sonnant comme un communiqué de presse.

Les règles

Il y en a quatre. Les briser, c'est comme ça que le défi redevient tranquillement de la procrastination.

1. Une prise par jour, soixante secondes minimum

Caméra avant, téléphone à la hauteur des yeux, appuie sur enregistrer, réponds à la consigne. Tu peux faire plus long. Tu ne peux pas réenregistrer. La première prise, c'est la répétition ; une cinquième prise, c'est du montage, et le montage, c'est exactement ce dont tu es en train de te sevrer.

C'est fait quand : la prise existe, aujourd'hui, en un seul essai.

2. Pas de script, un coup d'œil permis

Lis la consigne, place le téléphone, parle. Si tu perds le fil, laisse la caméra rouler et retrouve-le à voix haute. Se rattraper en pleine phrase, c'est ça, la vraie compétence. C'est ce que tu feras dans un cours en direct quand quelqu'un posera une question que tu n'avais pas préparée.

C'est fait quand : tu n'as jamais arrêté l'enregistrement pour recommencer.

3. Réécoute-toi une fois

Une fois. Pas pour juger ton nez. Pour remarquer une chose : où es-tu devenu plate, et où as-tu sonné comme toi-même ? Tu vas détester ça la première semaine. Rendu à la troisième, ça devient clinique, et c'est exactement le but.

C'est fait quand : tu peux nommer un moment qui a fonctionné.

4. Publier est optionnel jusqu'au jour 8, encouragé après

Les défis payants rendent la publication obligatoire parce que se savoir regardé garde les gens en marche, et parce que chaque publication fait la pub du défi. Tu peux emprunter cette pression-là sans la rampe d'exposition : la première semaine reste privée, et à partir du jour 8, tu publies les prises qui tiennent la route, telles quelles, sans montage. Si publier est un non catégorique, trouve une personne et envoie-lui la prise à la place. La répétition finit par avoir besoin d'un témoin, parce qu'enseigner, ça se passe devant témoins.

C'est fait quand : à partir du jour 8, quelqu'un d'autre que toi a vu au moins deux prises par semaine.

Les consignes

Une ligne chacune. Ne lis pas plus d'une semaine d'avance, et ne les analyse pas trop : la consigne est une porte, pas un devoir.

Semaine 1 : l'échauffement. Le sujet, c'est toi, parce que tu n'as pas besoin de faire de recherche sur toi-même.

  1. Pourquoi tu enseignes ce que tu enseignes, en partant du moment où tu as eu la piqûre.
  2. L'erreur que chaque débutant dans ton domaine fait dans sa première semaine.
  3. La chose que tu as trop préparée une fois et que personne n'avait demandée.
  4. Ce que les gens comprennent mal de ton sujet dans les soupers.
  5. Le prof qui a changé ta façon de penser, et la seule chose qu'il faisait différemment.
  6. Ce que tu ferais d'un mardi libre, sans aucune obligation.
  7. Récap : ce qui t'a surpris après six jours à parler à une caméra.

Semaine 2 : les mini-leçons. Enseigne une chose par jour, soixante secondes, pas plus.

  1. Définis un terme de ton domaine comme si tu l'expliquais à un jeune de douze ans allumé.
  2. Déboulonne un mythe avec lequel tes élèves arrivent toujours.
  3. Montre un avant-après, même si tu dois le décrire avec tes mains.
  4. Le plus petit exercice que quelqu'un pourrait faire aujourd'hui pour s'améliorer dans ton domaine.
  5. Réponds à la question qu'on te pose le plus souvent.
  6. Explique pourquoi la façon « évidente » d'apprendre ton sujet échoue.
  7. Enseigne de nouveau la chose du jour 11, autrement. Remarque que c'est devenu plus facile.

Semaine 3 : histoires et prises de position. C'est ici qu'une voix apparaît.

  1. Un moment avec un élève auquel tu penses encore.
  2. L'idée que tu vas défendre jusqu'au bout dans ton domaine, et pourquoi.
  3. Une fois où tu t'es complètement trompé sur ton propre sujet.
  4. Ce que tu te dirais, à toi, l'année où tu as commencé.
  5. Le conseil populaire dans ta niche qui fait tranquillement perdre du temps aux gens.
  6. Décris ton pire cours à vie et la seule chose qu'il t'a apprise.
  7. Réagis à quelque chose dans ton domaine tiré des nouvelles ou des fils de la semaine.

Semaine 4 : la répétition générale du cours en direct. Chaque consigne ici est un geste que tu feras dans une vraie salle.

  1. Ouvre à froid sur un sujet : pas d'intro, pas de « salut tout le monde », première phrase directement dans le vif.
  2. Réponds à une main levée imaginaire : choisis une question difficile et réponds comme si elle venait d'arriver en direct.
  3. Gère « c'est trop cher » à voix haute, gentiment, sans broncher.
  4. Explique ta phrase de résultat : à la fin d'une séance avec toi, qu'est-ce que quelqu'un sait faire ?
  5. Déroule les cinq premières minutes d'un cours que tu rêverais de donner.
  6. Quelqu'un dit « je suis bien trop débutant pour ça ». Accompagne-le là-dedans.
  7. Raconte l'histoire de ton domaine en quatre-vingt-dix secondes, des débuts à aujourd'hui.
  8. Fais l'invitation : décris le cours en direct que tu donnerais, quand il aurait lieu, pour qui il est.
  9. Réenregistre le jour 29 comme si c'était pour vrai. Celui-là, tu as le droit de le faire deux fois.

À quoi sert le jour 31

Voici mon seul désaccord avec chaque défi de parole à la caméra, le payant inclus : ils se terminent avec une compétence de caméra et aucun endroit où la dépenser. Trente jours de répétitions, et ensuite quoi, trente de plus ?

Le jour 31, c'est une date dans ton calendrier. Tu viens de passer un mois à prouver que tu peux expliquer des choses à voix haute, imparfaitement, en temps réel, ce qui est la description de tâches complète de l'enseignement en direct. Prends l'invitation du jour 29, choisis une date dans deux semaines, et passe-la à travers la liste de lancement. Si le mot « direct » fait encore grimper ton rythme cardiaque, commence plus petit que tu penses. Quatre personnes, c'est un cours.

Les reels étaient la répétition. Le jour 31, c'est le spectacle, et il vient avec un public qui t'aide à le porter.

Pourquoi je te raconte ça

J'ai enseigné en direct à plus de cinq mille élèves, et Classentra, c'est la plateforme que je construis autour de tout ce que ces cours m'ont appris. C'est une plateforme d'enseignement en direct pour les éducateurs et les créateurs. Ce défi dérive vers un cours en direct exprès, parce que c'est le pari derrière tout ce que je construis : le direct, c'est le produit. Je partage le quotidien sur Instagram à @adinashby. Si tu arrives ici par un reel, voici les consignes que je t'avais promises.

Viens me dire quelle consigne t'a fait le plus peur. Je lis chaque réponse.